À l’occasion de la convention Générations Star Wars et Science-Fiction, nous avons pu interviewer Brian Herring, le marionnettiste qui se cache derrière BB-8. Ses réponses étaient très drôles et enrichissantes ! Nous vous laissons lire ça par vous-mêmes ci-dessous :
Cette interview, réalisée en Anglais à été traduite la plus fidèlement possible pour retranscrire les paroles de Brian.
Pour commencer cette interview, je vais d’abord vous poser la question suivante : Comment êtes-vous entré dans l’Univers Star Wars ?
J’ai travaillé comme marionnettiste depuis le début des années 90 et à ce moment j’ai rencontré Neal Scanlan avec qui j’ai travaillé sur Prometheus. Après ça, je ne l’avait pas vu depuis un moment et un jour j’ai parlé avec lui au téléphone. Il m’a dit qu’un nouveau Star Wars allait arriver et il m’a dit, on va te trouver quelque chose. Et il l’a fait, il m’a recruté comme consultant marionnettiste donc j’ai travaillé sur le film pendant 16 mois. J’aidais les designers, et à savoir comment mettre des prothèse à des gens, mettre des tenues à savoir comment des personnages allaient être joués. Il fallait aussi trouver les gens qui allaient jouer avec ces costumes. Et pendant quelques mois durant ce processus nous avons commencé à travailler sur BB-8 et me voilà !
C’est vraiment un rôle multi-tâches si je comprends bien ?
Oui, ça l’était et c’était bien à faire. C’était gentil que Neil aît donné de la crédibilité au domaine des marionnettes et il savait qu’on avait besoin des bonnes personnes, les bon performers ; il voulait vraiment trouver les bons interprètes pour le job.
Quelle a été votre première réaction quand vous avez vu BB-8 pour la première fois ?
Eh bien, je l’ai vu tout du long à travers son développement. Quand vous êtes dedans (pendant la pré-production, sur le tournage), ça va si vite que vous ne vous rendez compte de rien et de la chance que vous avez de travailler là. Vous ne pensez pas consciemment à tout ce que vous faites. Et si vous commencer à y penser, à la chose énorme sur laquelle vous travaillez, alors vous paniquez ! En tant que fan de Star Wars depuis 1977, j’avais 7 ans, c’était un immense « pas » pour l’industrie du cinéma. Alors, j’ai vraiment réalisé que lorsque j’ai vu les previews qu’on à montré à l’équipe et j’étais assez ému. Et il y avait la même émotion quand j’ai vu Han Solo et Chewbacca et là je me suis dit : « Oh, damn, c’est STAR WARS, whouah ». Donc quand vous avez à travailler sur des films, vous allez au travail et vous faites ce que l’on vous demande et vous finissez par arrêter de penser ce à quoi vous faites et à la taille que ça a. Surtout pour The Force Awakens parce qu’on n’avait pas le droit à l’erreur. Et la pression était très présente. Surtout pour moi ! Pour moi et David Chapman.
Il existe plusieurs formes de BB-8 pour le tournage. En animatronique, en marionnette, en CGI. Pour quel type de scènes avait-on besoin de vos services ?
Alors, tous les droïdes différents font des choses spécifiques. Si BB-8 roule dans une zone pleine de foule, et que vous ne le voyez pas totalement et que des gens passent devant, ils utilisaient la version animatronique qui a des roues à l’arrière. Parce que c’est très dur de me supprimer à l’écran. Cependant, la version marionnette était la version préférée de JJ. Abrams parce que c’est celle ou vous avez la performance la plus authentique donc au moment ou on travaillait sur l’épisode IX, c’était la seule que JJ voulait. Même si on avait les autres. Il disait juste : « Je m’en fiche, je veux celle-là ». J.J voulait absolument cette version pour l’épisode IX car il aimait la façon dont celle-ci était animée et parce qu’elle était plus rapide à coordonner et à utiliser. Donc s’il y avait une explosion derrière BB-8, on mettait un BB-8 digital car c’est plus facile de mettre un droïde digital devant une vraie explosion qu’il ne l’est de retirer un homme humain d’une explosion en reconstruisant l’explosion à la place du gars. C’eût été trop de travail.

BB-8 semble avoir des émotions grâce à votre travail. Avez-vous eu des conseils de personnes qui auraient travaillé précédemment sur Star Wars comme Phil Tippett par exemple ?
Non, nous travaillions à Londres et donc ce que nous avions là-bas était une équipe entière de recherche avec des personnes qui faisaient de la marionnetterie, du design de créatures, des animatroniques, depuis des années.
PublicitéJ’étais un marionnettiste depuis 25 ans à cette époque. Donc en tant que marionnettiste, vous regardez la marionnette, comment elle fonctionne et comment on peut l’utiliser. Ce qui rend bien à faire et ce qui ne rend pas bien. Donc avec les différentes versions de BB-8, on a prit chacune, on a apporté le script et on s’est dit ok ; il doit avoir l’air triste, il doit être effrayé, il doit descendre des escaliers. Comment doit-il descendre des escaliers ? Comment a-t-il l’air apeuré ? Comment vous l’allumez et comment vous l’éteignez ? Même si tous ces éléments ne sont pas visibles dans le film, nous savons comment BB-8 s’allume, comment il s’éteint, dans quelle position il dort parce que nous avons réfléchis à tout ça en amont. David et moi-même sommes de grands fans de Star Wars. On a été chanceux avec BB-8 parce que la tête s’incline. Avec R2-D2, aussi incroyable est le personnage il regarde seulement à gauche et à droite. Donc tout son « jeu d’acteur » ne relève que des sons qu’il produit et du montage sonore du film. Vous avez donc un acteur comme Kenny ou Hassan dans le costume qui l’actionne et qui fait tourner sa tête. Il peut être heureux s’il fait des sons joyeux. Si vous enlevez ces sons joyeux et que vous mettez des sons du droïde en colère alors avec l’exacte même performance physique, vous aurez un droïde en colère.
Avec BB-8, vu qu’il a une tête mobile qui peut s’incliner, vous pouvez le rendre triste en lui faisant baisser la tête en avant. Il peut être surpris en relevant la tête brutalement et en regardant sur les côtés. Lorsque j’actionnait le droïde, je pouvais faire trembler mes bras pour lui faire trembler la tête pour qu’il ait l’air apeuré. David et moi avons passé 2 semaines avec toutes les marionnettes à travailler sur leurs performances et à voir comment BB-8 doit jouer. On a eu des conseils de Neal Scanlan sur certains éléments. Et bien sûr, J.J est venu pour nous dire « je veux qu’il fasse ci ou qu’il fasse ça ». On avait donc à travailler avec toute cette équipe comme si BB-8 était un acteur.
Très intéressant comme processus, on n’imagine pas tout ce travail et cette réflexion en amont pour réussir à donner vie à ce robot.
Beaucoup de personnes pensait que c’était juste des effets visuels… Or JJ voulait faire une suite au Retour du Jedi comme si nous étions de retour dans les années 1980. Nous nous sommes donc dirigés vers tous ces anciens processus pas oubliés mais mis au rebut par Lucas qui a souhaité pousser du côté des effets visuels. Mais il y avait un côté tangible avec ces vieux effets que des fans de mon âge voulaient voir de retour. Avec un mariage entre effets pratiques et effets visuels, vous pouvez avoir un idiot debout en combinaison verte poussant un robot dans le désert. Mais vous pouvez vous débarrasser de l’idiot et garder le robot (rires).
Il y a une séquence quelque part que J.J a faite pour une blague ou ils m’ont laissé moi avec le bras et les roues en enlevant BB-8. Sur ces images, je cours partout poussant rien du tout (rires).
À l’origine, vouliez-vous travailler dans l’industrie du cinéma ?
Depuis ma plus tendre enfance, je voulais travailler dans le théâtre et ça s’est développé et j’ai commencé l’acting vers mes 18 ans. J’ai rejoint une série britannique appelée Spiting Image. C’est une série politique avec des marionnettes avec des personnages de cette époque comme Margareth Thatcher. Je n’ai jamais voulu directement être marionnettiste mais je me suis dit, je peux le faire donc je continue de faire cela. Donc oui, j’ai toujours su que j’allais travailler dans ce milieu.

Star Wars s’étend toujours au cinéma ou dans des séries TV, allez-vous travailler encore pour la saga dans le futur ? En animant un alien ou un droïde ?
Oui je le suis (sourire). J’ai travaillé sur Andor ou The Acolyte et avec Neal, nous avons maintenant une équipe qui revient régulièrement sur les tournages. On nous dit souvent tu vas animer tel créature, tel visage. Maintenant que nous avons travaillé ensemble depuis des années, on sait quel élément convient davantage à qui. Donc oui je serai de retour !
Un grand merci à Brian Herring pour avoir répondu à nos questions. Nous avons pleinement pu ressentir sa passion au travers de ses réponses. Pour pouvoir en voir plus, je vous incite à visionner cette vidéo de tournage sur la conception du droïde et son utilisation.
Un grand merci également aux Héritiers de la Force sans qui cette convention GenSW n’existerait pas et qui nous permettent chaque année de rencontrer des acteurs de la saga.
Ainsi ai-je questionné !